Elle et Moi

Publié le par Max MORALES

 

 

  Je vous l’ai plus ou moins expliqué, je me situe quelque part entre Clara Sheller, Barney dans HIMYM, et un caniche nain dépressif sous alimenté. Et certain matin, j’ai juste l’air de mon cousin Farid a qui on aurait prêté un Gerald Darel. J’essaie d’être fille, j’invoque de toutes mes forces mes chromosomes de Barbie, et quand j’y parviens, je deviens Elle.

 Elle, est ce que l’on voit de moi, on la prend très souvent pour moi.

 Elle porte des escarpins, des ongles nickels, un sourire qui fait lampe-veilleuse et des yeux qui te suggèrent fortement d’enfiler ce déguisement de pompier juste là, ouais, celui-là, et de lui masser les pieds, oui comme ça, ouiiiii, oh ouiiiiiiii, comme çaaaaaa ! (hum, désolée.)

 Elle est sûre d’elle, elle enfile MES robes, avec MES bas, rejoins MES amis, avant d’aller faire l’amour à MON mec. Cette dinde a un téléphone à paillettes, et elle utilise ma bouche pour y vomir des trucs aussi débiles que « je VEUX un dressing dans mon nouvel appart, je VEUX un dressing dans mon nouvel appart ! Je VEUX… »

 Et  qu’est-ce qu’elle fait comme bruit ! Elle glousse, elle gigote, elle pleurniche. Parfois, je la regarde faire, tortiller ses/mes cheveux, et disserter pendant des heures avec mes copines sur le derrière de Jude Law. Pendant que moi, pauvre petite chose sans forme et sans verve, je me dissimule au creux de moi , en priant pour que personne ne se rende compte de l’échange.

 Fight Club illustre assez bien cette optique. Celle de se cacher derrière un alter-ego pour faire ce que l’on veut. On en vient à lui attribuer tous nos « exploits », et à se forger un véritable personnage. Le tout, c’est d’en rire et d’en jouer.

 Jusqu’au jour où je serai un peu fière de moi.

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